Analyse de la demande client
- Prendre connaissance du brief créatif qui décrit les enjeux de la campagne de communication ; c'est-à-dire l'objet de la promotion, la cible clientèle à toucher, le plan médias envisagé ou encore les moyens financiers définis.
- Connaître l'univers global de la marque ; comprendre l'évolution et les lignes directrices de la charte graphique (couleurs, matières, formats, messages...).
- Observer les tendances du marché, suivre les tactiques de communication des concurrents mais aussi identifier les dernières campagnes, par média, qui ont pu fonctionner auprès de la cible à atteindre.
- Se familiariser avec le style des précédentes campagnes de communication de l'annonceur ; apprécier et s'approprier ses codes graphiques.
- Échanger avec le directeur artistique sur les objectifs du projet ; prendre connaissance des étapes et des délais de production.
- Maîtriser toutes les facettes de la stratégie de l'annonceur afin de répondre, dans l'urgence, à des attentes clients non prévues dans le plan annuel de communication.
Conception des éléments de communication
- Cerner le domaine de réflexion créatif et participer au brainstorming, généralement dirigé par le directeur artistique.
- Laisser libre cours à son imagination ; creuser certaines idées et présenter quelques concepts au directeur artistique.
- Améliorer les suggestions retenues par le directeur artistique et les faire évoluer en tenant compte des remarques émises par l'équipe.
- Réaliser des esquisses, des maquettes qui illustreront, en rendez-vous client, les recommandations stratégiques exposées par la direction de clientèle.
- Réagir vite, rebondir sur de nouveaux concepts lorsque les premières idées ne sont pas approuvées par le client.
- Réfléchir à la possibilité de décliner l'idée créative sur différents supports (presse, animation graphique et interactive...) et formats (logo, brochure, affiche, habillage d'une home page, d'un site, clip vidéo...).
- S'assurer de la bonne harmonie entre les visuels et le contenu ; veiller à la mise en avant des arguments de la marque ; optimiser la mise en page pour faciliter la compréhension du message marketing par les consommateurs.
- Penser à la viabilité, à la pérennité de l'identité visuelle envisagée, sur le long terme et sur plusieurs campagnes.
Réalisation et déclinaison des matériaux de communication
- Démarrer la conception des éléments de communication, une fois l'accord client obtenu sur les maquettes présentées.
- Manipuler les différents outils de modélisation (CAO : conception assistée par ordinateur) et logiciels de programmation (ex : Illustrator, Photoshop, QuarkXpress, Indesign).
- Anticiper et organiser sa charge de travail, planifier les différentes étapes de production et maîtriser les délais.
- Briefer les éventuels prestataires, tels qu'un concepteur multimédia spécialisé en 3D ou un sound designer expert en création de son ou encore une agence de photogravure, afin de procéder à la déclinaison des visuels sur les différents formats publicitaires.
- Suivre le bon déroulement des étapes de fabrication ; informer le directeur artistique de l'avancée de la production.
- Perfectionner les finitions des visuels, en retouchant les couleurs, la typographie ou encore les illustrations.
- Veiller à la bonne cohérence entre le fond et la forme sur chaque support ; retravailler chaque élément de la chaîne graphique jusqu'à obtention de la signature du « bon à tirer » par l'annonceur, avant impression en grande série.
Activités éventuelles
Le graphiste peut être sollicité dans le cadre de compétitions. Il est intégré à une équipe projet chargée de produire la réponse à appel d'offre. Il devra s'immerger et s'adapter rapidement à cette nouvelle problématique de communication afin d'être force de proposition dans les recommandations stratégiques. La course aux bonnes idées se réalise dans des délais très serrés. Il faut trouver une identité visuelle qui servira, de façon originale, la promotion de la marque, tout en restant fidèle à ses codes artistiques.
Par ailleurs, il peut intervenir sur des projets transversaux. Par exemple, en agence, la direction peut lui demander de travailler sur les outils de communication corporate (développement du site Internet, conception d'une brochure ou d'une plaquette commerciale...) et d'animer un blog. C'est un espace on-line à la mode qui permet d'interagir avec des internautes. Au travers de celui-ci, c'est l'occasion d'annoncer, de façon « moins pompeuse », l'acquisition d'un nouveau budget ou d'une nouvelle remise de prix.
Toujours au service de la promotion de l'agence, le graphiste peut développer des visuels qui n'ont pas vocation à être utilisés par un client mais qui ont plutôt pour objectif de représenter le savoir-faire de l'agence. Ces derniers permettent de donner un aperçu des compétences artistiques qui peuvent exister dans cette entreprise.
Enfin, pour rester au fait des tendances actuelles et ne pas être dépassé par de nouvelles techniques de conception et de mise en place, le graphiste doit mener une veille de marché importante. Il doit en permanence s'initier à de nouveaux outils (par exemple : maîtriser la dernière version de la programmation Flash) et observer les réalisations de la concurrence. De surcroît, il doit suivre l'évolution des tendances sociales et culturelles pour s'en inspirer dans ses créations.
Variabilité des activités
Les activités d'un graphiste peuvent varier en fonction de deux principaux facteurs :
- La nature de l'employeur : le travail d'un graphiste est différent selon qu'il s'exerce en agence ou chez l'annonceur.
- En agence, le graphiste intervient sur plusieurs budgets de communication. Il doit se démultiplier, se réinventer et s'adapter à chaque problématique client. Parfois, il intervient durablement auprès d'un annonceur, c'est à dire toute l'année auprès de celui-ci. Le graphiste maîtrise l'évolution des campagnes de communication conçues précédemment et développe ainsi un historique client. Dans ces conditions, il connaîtra parfaitement les exigences de cette marque.
Dans d'autres cas, le graphiste collabore ponctuellement sur un budget, en renfort. C'est un contexte plus difficile car il a moins de temps et de recul pour s'approprier l'univers de l'annonceur.
Par ailleurs, selon l'organisation de l'agence, le graphiste peut travailler toujours avec le même directeur artistique, tandis que dans d'autres contextes, il travaillera pour le compte de plusieurs managers. Dans le second cas, il devra faire preuve d'adaptation car chaque directeur artistique possède sa façon d'opérer et des exigences différentes.
Enfin, il est connu qu'en agence, les « périodes de charrette », c'est-à-dire d'intense production, sont fréquentes. Le graphiste doit donc maîtriser ses priorités et essayer d'anticiper au mieux sa charge de travail pour éviter d'être débordé, de dépasser les délais et de susciter le mécontentement de sa hiérarchie.
- Chez l'annonceur, le graphiste travaille au service d'une marque et de son offre. Il maîtrise donc parfaitement les références artistiques, les codes couleurs... en résumé, les lignes directrices de la charte de communication. Dans ces conditions, il peut pousser plus loin « l'expérience créative » en modernisant par exemple un logo.
Chez l'annonceur, le graphiste peut avoir un rôle de coordination plus important qu'en agence. En effet, pour certains projets, il pourra s'appuyer et déléguer une partie de l'exécution auprès de prestataires et de freelances. Il peut, par exemple, externaliser la programmation multimédia pour la création de pages Internet, et ainsi ne se concentrer que sur les aspects créatifs.
Enfin, en fonction du positionnement de l'annonceur (marque/distributeur ; entreprise « click & mortar » / « pure player »), la nature des outils de communication à concevoir variera. Chez un distributeur, il y aura beaucoup de conception et de mise en page de catalogues produits et promotionnels. Au sein d'une marque, ce sera surtout des annonces presse, des affiches ou des catalogues de présentation de collection à développer.
Selon les cas, les exigences, en interne, en matière de créativité sont plus ou moins fortes. Les entreprises « discount » / « low cost » minimisent les efforts en matière de présentation et de choix de matériaux de communication, pour des raisons budgétaires. Tandis que des enseignes et des marques haut de gamme, pour les raisons d'image, sont plus attentives et cherchent donc à perfectionner leur identité visuelle.
- Le domaine compétences off-line / on-line : il existe, aujourd'hui, 3 catégories de graphistes.
- Les graphistes « off-line », parfois appelés infographistes, ils travaillent sur la déclinaison d'une charte graphique sur supports papier (annonces presse, packaging, leaflet, affiches, brochures, catalogues...). Ils utilisent des logiciels de conception assistée par ordinateur, appelés aussi « palettes graphiques » pour esquisser des maquettes.
- Les graphistes « on-line », plus communément appelés « webdesigners », ou « animateurs et développeurs 3D/After effect / Flash», ne travaillent que sur des supports numériques et interactifs. Il s'agit d'une nouvelle génération de créatifs qui s'est développée au même rythme que l'essor d'Internet dans les médias. Ils doivent tenir compte de l'interactivité qu'offre ce canal de communication. Ils conçoivent généralement des bannières, des newsletters, des pages Web... qui prennent la forme d'animations ludiques telles qu'un jeu « on-line » ou une vidéo « on-line ». Les technologies et les outils évoluant vite, c'est une spécialité qui nécessite de se former et de s'auto former sans cesse.
- Les graphistes « 360° », quant à eux sont capables d'intervenir à la fois sur des médias « off-line » et sur des supports « on-line ». Ils sont généralistes et peuvent aborder une problématique de communication dans son ensemble.